Lorsque j'ouvris les paupières, ma chambre était vide. Edward ne me laissai que rarement. Sur ma table de chevet, je reconnus sa splendide écriture calligraphiée.
Mon amour, je suis navré de ne pouvoir assister à ton réveil. Carlisle et moi devions nous rendre en Alaska. Je t'expliquerai tout cela plus tard. Je serai de retour en début d'après-midi. Sois prudente mon c½ur et pas d'acte irréfléchi.
Je t'aime
Je souris. Même sur du papier, ces mots me bouleversaient. J'ouvris ma penderie et grimaçai. Une sortie à Port Angeles s'imposait. Alice s'en réjouira. Je sortis ma chemise bleue et mon jean. Je me douchai, m'habillai puis décidai de me nourrir. Charlie était partit laissant comme d'ordinaire sa vaisselle. Je remplis mon bol de céréales et m'appliquai à le vider. Je ne pourrais bientôt plus savourer ces concentrés de colorants. Mon ventre se tordit légèrement. J'étais décidée. Edward me transformera très prochainement. Pour me changer les idées, je m'interrogeai sur mon programme de la matinée. C'est durant ces moments où les devoirs sont essentiels. Je fis la vaisselle puis enfila mon coupe-vent. Je pris mes clés et grimpa dans la camionnette. Je démarrai en trombe sans but précis. Il pleuvait. Quoi de plus étonnant ! Forks ne pouvait décidément pas changer. Passant devant la maison des Weber, je décidai de rendre visite à Angela. Ce fut cette dernière qui m'ouvrit, surprise.
_Bella ? Bonjour.
_Je ne te dérange pas ?
_Non, je me faisais un milk-shake. Entre voyons.
Je la suivis dans la cuisine. Elle sortit une deuxième coupe et lança le mixer.
_Comment se passe tes vacances ? S'enquit-elle.
Je m'assis face à elle et lui répondit.
_ Je passe la plupart du temps avec Edward.
_Ben et moi pensons voyager durant le mois d'Août. Encore faut-il convaincre ma mère. Edward et toi aviez voyagé, il y a quelques mois.
_Oui je me suis rendue chez ma mère.
_Comment as-tu convaincu ton père ?
_C'est Edward qui s'en est chargé à vrai dire.
_Crois-tu qu'Edward pourrait convaincre ma mère ?
Elle fit mine de réfléchir un instant avant que nous éclations de rire. Elle me tendit mon verre et j'en bus une gorgée.
_C'est délicieux.
_C'est une recette de Ben.
_Ben sait cuisiner ?
Le petit ami d'Angela n'était pas vraiment du genre gastronome, d'où mon étonnement.
_Cuisiner est un grand mot, je dirais plutôt mélanger divers aliments pour en faire un plat délicieux.
_Je vois.
Elle m'entraîna dans leur jardin. Deux balançoires se tenaient en son centre, nous nous y installâmes.
_Où est ta famille ?
_Mes parents sont au travail et les jumeaux chez un de nos cousins.
_Donc une maison pour toi toute seule.
_Cela m'ennuie parfois. Heureusement que tu es venue.
Elle me sourit. Un silence passa alors que nous nous balancions.
_Bella, je ne veux pas être indiscrète mais cela s'est-il arrangé entre Edward et Toi à propos de Jacob ?
Mon c½ur tressaillit et une légère douleur vint. Avec le temps, j'apprenais à la canaliser surtout devant Edward. Ma réaction n'échappa pas à Angela qui s'excusa de suite.
_Je suis désolée, je pensais bien faire...
_Non Angela, tu n'as rien à te reprocher. Disons que Jacob voulait plus. J'ai dû choisir entre Edward et lui. Mon choix est évident.
_J'en suis navrée.
_Tu n'as pas à l'être. Edward constitue mon essence vitale.
Elle sourit.
_Bella, tu n'es pas obligé de répondre, mais aimais-tu Jacob plus qu'un ami ?
_Oui Angela, mais cet amour était très insignifiant par rapport à celui que j'éprouve pour Edward.
Elle acquiesça.
_Edward m'a demandé de l'épouser.
Je ne sais pas ce qui m'a prit, je devais le lui dire. Nos confidences m'ont poussé à tout dévoiler. Elle me regarda, yeux écarquillés.
_Es-tu sérieuse ?
_Oui et j'ai accepté bien évidemment.
Elle me jaugea un moment puis un large sourire barra son visage.
_Toutes mes félicitations Bella. C'est vraiment génial ;
_Tu ne penses pas que je suis jeune ?
_Peut-être un peu mais l'amour n'a pas d'âge. Et je vous ai vu Edward et toi. Votre amour est unique. Je suis persuadée que cela ne peut que fonctionner.
Un élan de gratitude s'empara de moi et j'enlaçai Angela.
_Merci. Merci d'avoir toujours été là.
Elle resserra son étreinte autour de moi et sourit.
_Bella, tu pourras toujours compter sur moi, même en Alaska.
Je ris puis me détacha d'elle légèrement gênée.
_Où est Edward ?
_Il m'a abandonné.
_Pour qui ?
_Son père.
_Je suis désolée.
Nous éclatâmes de rire. J'adorai Angela, elle n'était vraiment pas comme les autres.
_Voudrais-tu déjeuner à la maison ?
_Avec joie. Qu'as-tu préparé ?
_Nous improviserons.
Elle sourit.
_Je prends le risque.
oOo
Je sortis du réfrigérateur, quelques salades et tomates et me mit à la tâche de manière experte sous le regard de mon amie assise face à moi. Elle me rappelait Edward, à l'exception faite qu'elle n'avait pas dans son regard, cette lueur qui me troublait tant. Je me ressaisis et poursuivis ma tâche.
_Je serais incapable de préparer une omelette murmura-t-elle.
_Renée n'était pas vraiment un cordon bleu et lorsque j'ai emménagé chez Charlie, il en allait de même. Donc je me suis vite approprié ce rôle.
Je plongeai deux steaks dans une poêle, et les assaisonna.
Quelques instants plus tard, nous étions attablés toutes les deux.
_C'est délicieux Bella.
_Heureuse que cela te plaise.
_Tu es douée. Edward doit se régaler.
Je ris intérieurement avant d'acquiescer.
_Oui. Il me trouve délicieuse.
Cette remarque ne fit pas réagir ma jeune amie.
_Pourrais-tu m'apprendre quelques recettes ?
_Avec joie.
Elle sourit et savoura une nouvelle bouchée.
_Que comptes-tu faire cette après-midi ? Demandai-je pour combler le silence.
_Ben et moi devons trouver un cadeau d'anniversaire pour ses parents. Il s'agit de leurs vingt ans de mariages.
_Oh ! Je n'aurais pas pensé qu'un couple puisse durer aussi longtemps.
Elle comprit que je parlais de mes parents.
_Certaines personnes se complètent plus que d'autres. Et quelque chose me dit qu'Edward et toi faites parties de ces personnes.
J'en étais convaincue.
_Merci Angela.
Elle sourit de nouveau. Je ne devrais pas m'attacher à elle, dans quelques mois, nous ne pourrions même pas nous voir. Mais depuis quelques temps, j'apprenais à la connaître. Elle était vraiment géniale. Nous entendîmes une voiture se garai dans l'allée. Il ne s'agissait pas de Charlie. Je connaissais par c½ur, le bruit de ses roues sur le gravier. Je connaissais que trop les pas qui se dirigeaient vers la maison. Ma banale maison comparé à sa magnificence.
_Est-ce Charlie ?
_Non.
Je souris. La porte s'ouvrit et une voix de ténor s'éleva. Que j'aimais l'entendre !
_Bella ?
Il devait savoir que je n'étais pas seule sinon il serait apparut sans crier gare.
_Je suis dans la cuisine.
Il ne fut pas surpris de voir Angela à mes côtés. Il lui sourit. J'ai cru la sentir fondre. Il avait cette fâcheuse manie d'éblouir les personnes l'entourant.
_Bonsoir Angela.
_Salut Edward !
_Veux-tu te joindre à nous ?
Il aurait bien voulu lever les yeux au ciel mais la présence de mon amie l'en empêcha.
_Non merci. Carlisle et moi avons déjeuné.
Il se pencha vers moi et déposa un léger baiser sur mes lèvres avant de s'asseoir près de moi. Des milliers de questions brûlaient mes lèvres mais je m'abstins.
_Comment va Ben ? S'enquit-il.
_Aussi bien que possible.
_A-t-il finit de te torturer ?
_Non, et je pense que cela ne fait que commencer.
Mon amoureux éclata de rire.
_Je vois.
_Mais j'ai trouvé une nouvelle alliée poursuivit-elle.
_Qui donc ? Feinta-t-il d'ignorer.
Les pensées de mon amie lui étaient si évidentes qu'elle n'eut pas à répondre.
_Bella.
_Je te tortures ? Demanda-t-il, faussement blessé.
_Quand tu m'abandonnes oui.
Ses traits se figèrent et son regard devint de suite dur. Je savais à quoi il pensait, et je me raidis avant de le rassurer.
_Non Edward, je ne pensais pas à cela. Je veux dire. Ce matin, tu m'as abandonné pour Carlisle.
Il me sourit mais la tristesse ne disparut ni de ses yeux ni de ses traits. Je me tournai vers mon amie qui s'était fait étrangement discrète. Elle me sourit.
_ Edward, qu'advient-il de notre très chère Alice ?
_ Elle ne change malheureusement pas.
_ Passe lui mon bonjour. Ses délires me manquent. Peut-être pourrions-nous organiser une sortie toutes les trois un de ses jours ?
_Ce serait génial approuvais-je.
_Je lui en parlerais.
_Bien.
Un curieux silence s'installa avant que Angela ne regarde sa montre et ne se lève, affolée.
_Le temps file. Ben va s'inquiéter. Merci pour le déjeuner Bella. C'était délicieux. Tu me tiens au courant pour la sortie avec Alice.
_Oui bien sûr.
Je la raccompagnai à la porte avant de la refermer à son départ. Deux bras enlacèrent ma taille, et je sentis son menton sur mon épaule.
_Je suis désolée Edward, je ne pensais pas à cela...
_C'est de ma faute, j'ai mal interprété tes paroles.
Je soupirai.
_Cette période de notre relation nous poursuivra toujours, n'est-ce pas ? M'enquis-je.
_Oui. Elle fait partie de notre histoire. J'y penserais avec toujours le même flot de culpabilité...
_Et moi avec son flot de douleur terminai-je.
Me tournant vers lui, je me blottis contre son torse. Il fredonna ma berceuse et je souris.
_Où étais-tu ce matin ?
_En Alaska.
_Pourquoi ?
_Nous cherchions une maison pouvant accueillir huit vampires.
Huit ? Je comprenais ce qu'il sous-entendait. Je serai très prochainement transformée. Je frémis légèrement. J'avais peur de ce qu'il adviendrait de moi après cela. Il resserra sa prise.
_Tu peux toujours changer d'avis Bella. Je ne t'en voudrais pas.
_Non Edward, je vais le faire.
Il leva mon menton. Je l'embrassai prudemment, je préférai lui faciliter la tâche. Il m'y répondit avidement. Mon c½ur se mit à accélérer et ma tête me tourna. Il me repoussa doucement, me gardant cependant dans ses bras.
_Alice nous attend.
J'acquiesçai, inquiète. Que nous avait-elle préparé ?
_Qui y a-t-il ?
_ Je me méfie de ta s½ur.
Il éclata de rire.
_Moi aussi.